12.01.2018, 00:01

L’art de se réinventer une deuxième vie à la retraite

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Marianne Fazan aime cultiver les relations humaines et les échanges dans toutes ses activités, bénévoles ou pas.

 12.01.2018, 00:01 L’art de se réinventer une deuxième vie à la retraite

GIMEL Marianne Fazan, infatigable, multiplie les activités bénévoles depuis qu’elle a pris sa retraite de l’enseignement. Portrait d’une femme affairée.

«Je suis un peu une bénévole professionnelle», relève tout sourire Marianne Fazan. La Gimelane a trouvé un petit moment pour nous recevoir entre toutes ses activités hebdomadaires, qu’elles soient bénévoles, de loisirs ou au service d’autrui. Une longue liste impressionnante qui ressemble un peu à l’agenda d’un ministre, bien loin de l’image que l’on peut se faire d’une...

«Je suis un peu une bénévole professionnelle», relève tout sourire Marianne Fazan. La Gimelane a trouvé un petit moment pour nous recevoir entre toutes ses activités hebdomadaires, qu’elles soient bénévoles, de loisirs ou au service d’autrui. Une longue liste impressionnante qui ressemble un peu à l’agenda d’un ministre, bien loin de l’image que l’on peut se faire d’une paisible retraite, à ne pas savoir comment employer tout ce temps libre. «J’aimerais bien avoir un jour supplémentaire par semaine pour pouvoir tout faire».

Marianne Fazan, en grande lectrice qu’elle est, file la métaphore et compare sa vie à un grand livre qui serait en quelque sorte composé de deux chapitres, sans que ni le premier ni le second ne provoquent une rupture dans un parcours tourné vers l’autre, mû par une tranquille volonté de transmettre ses connaissances, ses passions et sa joie de vivre. «J’ai coutume de dire que la retraite, c’est une deuxième vie, affirme-t-elle. L’école, c’était toute ma vie, c’est vrai. Mais la retraite a été comme une deuxième page qui s’est ouverte avec toujours l’envie d’apprendre et de garder l’esprit vif. On doit avoir des projets pour avancer et tant qu’on en a, on est vivants!»

Autant elle a pu s’investir durant ses années en tant qu’enseignante – elle a accompagné des générations d’élèves gimelans de 1974 à 2007 – autant elle s’est lancée à corps perdu dans de nouvelles activités lorsqu’elle a pris sa retraite en 2007. Une nouvelle carrière s’est pratiquement ouverte devant elle.

Une seconde vie professionnelle

De 2007 à 2012, elle a géré la Galerie ABC art, créations et bibliophilie de Gimel. Un espace qui marchait bien même s’il était éloigné des grands centres urbains, attirant près de 300 visiteurs à chaque exposition: «J’y ai appris énormément sur la peinture et le dessin qui sont une de mes passions en côtoyant des artistes, des experts et le public, mais également sur l’organisation des expositions et la vente des œuvres. Un véritable enrichissement».

Une expérience qu’elle a mise au profit de la Résidence Carina à Rolle pour laquelle Marianne Fazan organise des expositions depuis 2010. Elle y fait également des visites à des résidants à qui elle propose aussi parfois des animations culturelles.

Les échanges intergénérationnels sont une valeur à ses yeux, une notion qui n’a rien de théorique mais qu’elle a vécue enfant. Marianne Fazan est née à Longirod dans une famille de paysans. Elle vivait sous le même toit que ses grands-parents et son arrière-grand-mère. «C’est elle qui m’a appris à tricoter. Le dimanche, tout le monde venait lui rendre visite, toutes les générations se côtoyaient. Et puis, à la campagne, on s’entraidait. Cette solidarité que j’ai vécue enfant m’a marquée», explique-t-elle.

Le temps de partager

C’est une des raisons à l’origine de l’incroyable engagement bénévole de Marianne Fazan qui, à ses yeux, semble naturel mais qui, de l’extérieur, impressionne par la multitude des activités. La Gimelane organise ainsi avec deux autres personnes le programme annuel des activités destinées au groupe des aînés de sept villages de la région. Récemment, elle a accepté de s’occuper de Table au bistrot à Gimel, organisé par Pro Senectute. «A la retraite, on a du temps libre, autant le partager avec les autres!».

Bénévole et curatrice

Impossible en outre pour cette enseignante à la retraite de tirer un trait définitif sur sa carrière. Aujourd’hui, elle accompagne encore trois élèves avec qui elle fait de l’aide aux devoirs. «C’est un plaisir», dit-elle simplement. Depuis toute petite, elle rêvait de devenir institutrice. «Je me suis toujours imaginée faire ce métier. Vers 7-8 ans, après l’école, je demandais à l’enseignant si je pouvais rester et l’aider. A l’époque, tout était retranscrit au tableau noir. Je me souviens en particulier avoir dessiné des primevères pour illustrer la leçon de sciences.»

Bénévole à la Bibliothèque de Gimel depuis 2007, elle y assure des permanences régulières et met en place des animations pour les élèves où elle allie les sciences de la vie à la transmission de son goût pour les livres et la lecture, le tout dans un esprit ludique. Enfin, en 2012, elle a accepté d’être tutrice d’un monsieur âgé. Depuis son décès, elle est curatrice d’un couple et l’aide dans ses démarches administratives, sans oublier l’aspect humain qu’elle prend le temps de soigner également. «J’estime que j’ai eu de la chance. Si je peux aider quelqu’un, je le fais volontiers. La vie se doit d’être échange et ouverture. Et j’ai besoin de gens autour de moi».

Ne cesser d’apprendre

La Gimelane ne néglige pas pour autant ses propres passions: grande lectrice, elle fait partie d’un groupe de lecture à Gimel. Peintre et dessinatrice, elle est membre de la Société d’études artistiques à Lausanne qu’elle préside. Ses membres y exercent leur art mais organisent également des expositions au Forum de l’Hôtel de Ville. Enfin, elle fait partie du club culturel Lyceum de Lausanne, dont elle est la secrétaire. Au programme, visites d’expositions, concerts et rencontres avec des artistes et écrivains. Un emploi du temps chargé qui lui laisse encore un peu de temps pour sa famille. Aujourd’hui veuve, elle a deux fils et une petite-fille. Elle a rencontré un compagnon avec qui elle partage son goût pour la marche et les voyages. Il l’initie à la géologie. Elle n’en finit donc pas d’apprendre...


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