14.08.2017, 00:01  

«Je peux aller bien plus loin»

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Lea Sprunger et son coach Laurent Meuwly, heureux, dans les rues de Londres au lendemain de la finale.

 14.08.2017, 00:01   «Je peux aller bien plus loin»

ATHLÉTISME - Cinquième de la finale du 400 m haies aux Mondiaux de Londres, Lea Sprunger goûte le bonheur du devoir accompli. Et voit déjà plus loin. Entretien.

propos recueillis par Florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

Lea Sprunger, jeudi soir, cela ne fut pas trop difficile de s’endormir après votre finale?

(Rires) Moins que je ne le pensais. Jeudi soir après ma course, j’ai pris le temps de voir mes amis, ma famille. Quand je suis arrivée dans ma chambre, j’étais très fatiguée. Je me suis endormie comme une pierre.

Et vendredi matin,...

propos recueillis par Florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

Lea Sprunger, jeudi soir, cela ne fut pas trop difficile de s’endormir après votre finale?

(Rires) Moins que je ne le pensais. Jeudi soir après ma course, j’ai pris le temps de voir mes amis, ma famille. Quand je suis arrivée dans ma chambre, j’étais très fatiguée. Je me suis endormie comme une pierre.

Et vendredi matin, qu’est-ce que cela a fait de se réveiller dans la peau de la cinquième mondiale?

C’est un sentiment agréable, je dois bien l’avouer (sourire). Pour être honnête, je ne m’en rends pas encore bien compte. Quelques jours me seront nécessaires pour réaliser, et également mesurer l’engouement réel que ma prestation a engendré. Je verrai cela en rentrant en Suisse.

Il s’agissait de votre toute première finale au niveau mondial. Comment s’est déroulée votre journée de jeudi?

La journée fut assez longue (ndlr: la course était programmée à 21h35 à Londres, 22h35 en Suisse). J’ai lu pour déstresser car il y avait un peu de tension. Celle-ci a disparu une fois dans le bus me menant au stade; quand je me suis retrouvée à l’échauffement et en chambre d’appel, le stress avait laissé place à ma routine. J’ai abordé cette finale du 400 m haies à l’instar d’une course comme une autre; il le fallait pour pouvoir livrer une bonne prestation.

Avez-vous revu les images de votre course?

Rapidement, à chaud, car j’ai dû analyser ma finale au micro de SRF. Je fais cette faute à la troisième haie et je change trop rapidement mon rythme de course (ndlr: de 15 à 14 foulées entre les obstacles). Cela me coûte quelques dixièmes. Dalilah Muhammad, la championne olympique en titre, est revenue comme une fusée et cela m’a également perturbée. Reste que la médaille demeurait inaccessible.

Pas de regrets?

Du tout! Aucun regret. Je suis très contente de cette cinquième place et cela fut une expérience très encourageante pour la suite. Même si techniquement tout ne fut pas parfait, je suis ravie de la qualité de mes trois courses livrées dans le cadre de ces Mondiaux. Surtout mentalement.

Les crève-cœurs que furent les JO de Rio et les Européens en salle à Belgrade sont définitivement digérés avec ce résultat…

Ils l’étaient déjà avant que je n’arrive à Londres. Je savais que j’étais une autre athlète sur la piste. Ces échecs m’ont nourri, ils m’ont poussé à travailler davantage et dans la bonne direction.

Avoir forcé la porte de cette finale mondiale, cela constitue-t-il l’ultime déclic?

Oui, il était important de prendre part à cette finale. L’objectif est atteint, c’est plaisant. Et pourquoi cela s’arrêterait-il à ce résultat? Je peux aller bien plus loin! Il me reste quelques filles à battre pour décrocher un podium, je vais remettre l’ouvrage sur le métier pour cela, et aborder les compétitions avec un autre regard.

Le regard de vos adversaires a, lui aussi, changé, n’est-ce pas?

Je l’espère! Je pense que les filles vont désormais clairement voir en moi une menace, d’autant plus si elles sont dans un mauvais jour. Elles connaissent dorénavant ma force, mes excellentes fins de course; elles vont me calculer. A moi de progresser encore lors des premiers mètres.

Cette saison 2017 aura été riche en enseignements...

Oui. Très riche, même, et sur plusieurs points. Au niveau athlétique, mon nouveau schéma de course me réussit très, très bien. Avec Laurent (ndlr: Meuwly, son coach), nous avons trouvé la clé; il va m’amener très loin. Sur l’aspect mental, psychologique, aussi, j’ai effectué d’énormes progrès. J’ai compris passablement de choses, notamment comment vivre avec les attentes de mon entourage et gérer le fait que l’attention de mon coach ne m’est pas seulement dévolue car il s’occupe d’un groupe d’athlètes important.

Dans ce puzzle complexe, l’enseignement principal que vous retirez, quel est-il?

Je dirais le mental, oui, le mental. J’ai appris à ne me focaliser que sur moi.

On imagine que ce ne fut pas évident ces derniers jours et que votre téléphone a dû énormément crépiter durant la compétition…

(Sourire) Le jour de la finale, surtout! Beaucoup de choses ont été dites, écrites. Les gens se sont enflammés et il s’avère très difficile de ne pas se laisser atteindre. Avec tous les réseaux sociaux, vous vous retrouvez très vite taguée sur un article, sur une publication…

La tentation d’éteindre votre portable existe-t-elle?

Disons que… j’ai besoin de mon téléphone. Pour la musique ou tout simplement pour communiquer avec mon coach, si un événement imprévu survient, un changement de programme. Il me faudrait peut-être deux téléphones (rires).

La fin de la saison, comment va-t-elle s’articuler?

Je rentre ce lundi avec la délégation, après avoir profité des trois derniers jours de ces Mondiaux; m’être baladée à Londres; être allée au stade encourager mes copines d’entraînement qui participaient au relais 4x100. A priori, il me reste le Weltklasse à Zurich et la finale de la Diamond League à Bruxelles. Deux occasions de pouvoir montrer encore de belles courses.

Et vous avez posé de jalons pour les années futures…

Oui, je dois cultiver cette phase positive… jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020 (sourire).


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