13.09.2017, 11:50  

Futur incertain pour les campings de La Côte

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Le camping TCS de Morges verra son bail résilié fin 2018. Il aura peut-être la possibilité d’effectuer une saison supplémentaire, selon l’évolution des travaux prévus au Parc des Sports.

 13.09.2017, 11:50   Futur incertain pour les campings de La Côte

LOISIRS - Ce type d’hébergement se raréfie au fil du temps. Tour d’horizon dans la région.

Se prélasser une fin de semaine d’été, plus ou moins loin de chez soi, grâce à une escapade au camping. Le principe séduit les amateurs de plein air mais les possibilités se font de plus en plus rares dans la région. En effet, sur la quarantaine de campings répertoriés dans le canton de Vaud, les districts de Morges et de Nyon n’en comptent qu’une poignée.

Et leur nombre est encore appelé...

Se prélasser une fin de semaine d’été, plus ou moins loin de chez soi, grâce à une escapade au camping. Le principe séduit les amateurs de plein air mais les possibilités se font de plus en plus rares dans la région. En effet, sur la quarantaine de campings répertoriés dans le canton de Vaud, les districts de Morges et de Nyon n’en comptent qu’une poignée.

Et leur nombre est encore appelé à diminuer: le camping de Tannay fermera ses portes mi-octobre, alors que celui de Morges devra marquer une pause d’ici un ou deux ans en fonction de l’évolution du projet de transformation du Parc des Sports. Il sera ensuite réduit de moitié.

Problématique globale

Ces fermetures sont révélatrices d’une problématique globale, selon Frédéric Gianella, président de l’Association vaudoise des terrains de camping: «Aujourd’hui, il y a de moins en moins de campings mais aussi de communes qui sont prêtes à investir pour en ouvrir, constate-t-il. Avec la Loi sur l’aménagement du territoire et des constructions (LATC), notamment, il est très compliqué de trouver un terrain et des exécutifs prêts à en reclasser pour accueillir des tentes et des caravanes.»


"Il y a de moins en moins de campings mais aussi de communes qui sont prêtes à investir pour en ouvrir"


En clair, dès qu’une zone constructible devient une zone affectée spécialement au camping, elle perd toute possibilité d’accueillir des hébergements fixes. En effet, selon la Loi vaudoise sur les campings et sur les caravanings résidentiels de 1978, les logements s’y trouvant doivent être tous mobiles et ne sont pas autorisés à être occupés durant toute l’année. On peut donc imaginer les réticences de la part des exécutifs à l’idée d’exploiter des terrains avec des campements saisonniers au lieu de créer des projets immobiliers, sans doute plus rentables financièrement.

Résultat des courses, l’offre s’affaiblit: «Nous n’avons pas d’auberge de jeunesse dans le district de Morges (ndlr: une a ouvert à Nyon en février) et les hôtels sont davantage destinés aux voyages d’affaires, il y a donc quelque chose à faire du côté de nos campings, relèveOscar Cherbuin, directeur de l’Association de la région Cossonay-Aubonne-Morges (Arcam). Je regrette qu’il n’y ait pas plus d’infrastructures,car les gens s’attendent à avoir une offre, mais elle n’existe pas!»

Un manque d’impulsions

Mais les priorités sont ailleurs, pour les autorités communales. A Morges, où le plan partiel d’affectation Parc des Sports prévoit l’arrivée d’un parc aquatique et d’un parking souterrain à proximité du camping, le syndic Vincent Jaques explique que les réflexions concernant l’avenir du lieu d’hébergement viendront plus tard. «Nous avons prévu une zone de loisirs qui permettra de conserver 50% de la surface actuelle du camping pour garder cet attraction économique et touristique, mais nous ne savons pas encore sous quelle forme.»


"Le camping ne rapportait aucun financement à la commune."


Du côté de Tannay, l’espace destiné aux campeurs va également être remplacé par un parc public: «Cela s’inscrit dans une réflexion globale de rénovation du port, précise Serge Schmidt, syndic. Il y avait du monde à la saison, mais le camping ne rapportait aucun financement à la commune.»

Pourtant, son gérant André Grimm estime que le site avait un potentiel, mais qu’il aurait fallu l’exploiter: «Le camping a presque soixante ans et il y a toujours les mêmes sanitaires, c’est triste de voir que rien n’a été entrepris pour le moderniser, déplore-t-il. J’avais proposé d’y créer des bungalows, car les gens ont besoin de nouveautés, mais on ne m’y a pas autorisé.»

Moderniser pour subsister

Comme lui, les autres gérants des campings locaux insistent sur la nécessité de renouveler les infrastructures pour pérenniser ces espaces et maintenir leur attractivité: «On se rend compte qu’il faut aller vers un type d’hébergement différent, par exemple des cabanes, constate Pierre-Alain Pingoud, du camping de La Sarraz. Les campeurs privilégient aujourd’hui des logements plus confortables. On le voit notamment avec les cyclistes ou les marcheurs qui arrivent de moins en moins avec une tente sur leur dos.»

Relié directement à la piscine de La Venoge, l’emplacement sarrazin a vu bondir les demandes après sa récente rénovation. Sa capacité d’accueil est toutefois limitée par le nombre de places disponibles, seulement trente pour le passage.

 

A Rolle, les autorités ont aussi saisi ces enjeux. Le camping est entretenu régulièrement: «Nous avons du monde tout l’été et les lieux sont très appréciés, avec une bonne fidélisation, explique Sandra Büchler, gérante. Le camping est un apport financier intéressant pour la commune également et nous avons fait un gros travail de rénovation du côté des sanitaires. Les campeurs sont très attentifs à cela.» La présence d’un restaurant, ainsi que l’organisation de concerts estivaux attirent aussi la clientèle.

Pour Frédéric Gianella, président de l’AVTC, c’est justement ce point qui devrait interpeller les campings romands: «En Suisse, on a manqué la coche de la formule club, animations. Ce qu’ils ont très bien fait en France. Avec le franc fort, la concurrence française s’est ressentie plus encore ces dernières années. Nos campings doivent donc redoubler d’efforts pour séduire, et surtout ils doivent y croire!»

Perspectives d’avenir compliquées

Côté fréquentation, en 2016, Tannay a décompté près de 1000 nuitées. La même année, le camping TCS de Morges en comptabilisait 17 500. Tous les campings, même de petite taille tels que Le Vaud ou Saint-Cergue, sont quasiment complets pour les places résidentielles à la saison et ne sont pas extensibles.

Alors lorsque Morges arrêtera son activité, il est impossible d’imaginer que les autres sites puissent absorber les campeurs: «Il faudrait pouvoir créer une nouvelle offre, mais où?, s’interroge John Rizzo, gérant du camping de Morges. J’aimerais bien proposer des solutions à mes clients actuels mais pour le moment, je ne vois franchement pas comment.»

Les campings locaux et leurs capacités

NB: Les campeurs dits résidentiels sont ceux qui possèdent une place de camping à la saison. Ils n’y vivent pas à l’année.

Morges 55 saisonniers, 200 places de passage.

Rolle Capacité de 40 résidents, 50 places de passage.

Tannay (fermeture prévue mi-octobre 2017) 30 tentes, 20 caravannes et 5 résidents à la saison.

Préverenges Camping naturiste, 15-20 emplacements de passage, 10 en dortoir.

La Sarraz 120 résidents à la saison, 30 places de passage.

Le Vaud 40 emplacements saisonniers.

Ballens 135 à la saison, 15 places touristiques.

La Rippe 101 places résidentielles

Saint-Cergue 30 résidents à la saison, 25 places de camping de passage.


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