17.07.2017, 00:01  

Le petit théâtre qui a tout d’un grand

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LA CHAUX - Le Théâtre de La Ruelle joue de plus en plus souvent à guichets fermés. Rencontre avec sa fondatrice, Hélène Bolanz.

sophie zuber

sophie.zuber@lacote.ch

Il fait partie des quatre spectacles de la saison théâtrale de La Ruelle cette année. Jusqu’à hier, «Jocaste Reine», tragédie de Nancy Huston, s’est joué à guichets fermés, comme il est de coutume au Théâtre de la Ruelle à La Chaux. «Nous avons même dû ajouter une représentation supplémentaire. Nous recevons encore des téléphones de réservation, que nous sommes malheureusement contraints de décliner.»

En plein préparatifs des deux dernières représentations qui ont eu...

sophie zuber

sophie.zuber@lacote.ch

Il fait partie des quatre spectacles de la saison théâtrale de La Ruelle cette année. Jusqu’à hier, «Jocaste Reine», tragédie de Nancy Huston, s’est joué à guichets fermés, comme il est de coutume au Théâtre de la Ruelle à La Chaux. «Nous avons même dû ajouter une représentation supplémentaire. Nous recevons encore des téléphones de réservation, que nous sommes malheureusement contraints de décliner.»

En plein préparatifs des deux dernières représentations qui ont eu lieu ce week-end, Hélène Bolanz, directrice de La Ruelle, a pris quelques minutes de son précieux temps pour revenir sur l’histoire de ce qu’elle appelle, son «rêve réalisé».

C’est en 2000 que le couple qu’elle forme avec Thierry s’est installé dans une vieille bâtisse au cœur du village avec ses deux filles. Alors codirectrice de l’école de théâtre du Comsi à Aubonne, la comédienne et metteure en scène souhaitait lui offrir un cadre plus familial: «Je voulais donner des cours de théâtre ailleurs que dans des salles communales. Et arrêter d’être tributaire d’un concierge ou d’un mariage.» Elle ajoute en riant: «J’en avais marre de trimballer mes gros sacs et l’idée de donner des cours de théâtre chez moi m’a paru être une bonne initiative.»

Ambiance intimiste

Les cours d’expression théâtrale aboutissant généralement à la présentation d’un spectacle, c’est ainsi que l’idée d’installer un théâtre à la maison s’est présentée comme une évidence, tout en gardant un pied-à-terre à Aubonne. Après l’aménagement d’un bar, de sanitaires et d’une salle de représentation de cinquante places, le théâtre de la Ruelle naissait dans la grange familiale en 2008.

«En prenant du recul, nous avons fait peu d’erreur dans les installations. C’est souvent comme ça quand on écoute son cœur», explique-t-elle. Depuis, La Ruelle est une entreprise qui roule et propose des spectacles dignes des salles intimistes parisiennes. Elle accueille principalement des spectacles de la troupe théâtrale du Comsi: «Cette double casquette de metteure en scène et de codirectrice de l’école de théâtre me permet d’avoir une belle vue d’ensemble.» Une position qui lui demande aussi un énorme investissement: «J’ai la chance d’avoir ma famille à mes côtés. Elle constitue mon équilibre. Au départ, c’était mon histoire mais c’est la leur aussi.»

Du théâtre pour tous

Depuis quelques années, La Ruelle attire des gens au-delà du pied du Jura: «Certains spectateurs viennent de Genève et de Lausanne. D’autres n’ont pas l’habitude du théâtre et disent le découvrir grâce à La Ruelle. Cette remarque me touche, car c’est exactement ce que je voulais: faire que chacun se sente le bienvenu.»

A chacun son rôle

Dans le jardin de sa maison, entourée de sa tribu, Hélène Bolanz redouble d’énergie car, à quelques heures de la représentation, le trac commence à s’installer: «Je connais des pics de stress assez importants. Je ne me plains pas: je fais ce que j’ai toujours voulu faire et j’ai la chance de pouvoir en vivre.» Elle ajoute: «Plus qu’un métier, le théâtre est un choix de vie et je tiens à garder un certain équilibre.»

Aux alentours de 18h, l’équipe de comédiens rejoint la maison de La Ruelle. En plus de savoir son texte sur le bout des doigts, chaque participant met la main à la pâte pour que les spectateurs soient accueillis «comme ils le méritent»: «L’un s’occupe de la préparation de l’houmous pour la restauration, l’autre apporte les boissons. On fonctionne comme une grande famille, où chacun tient son rôle extrathéâtral. Ce soir, c’est moi qui m’occupe de l’éclairage», explique la metteure en scène, l’œil rieur.

www.laruelle.ch

La ruelle se décline en association

Le financement des droits d’auteur pour les six représentations de «Jocaste Reine» s’est élevé à quelque 900 francs. «Le chiffre des entrées, facturées à 20fr. et à 15fr. pour les tarifs réduits, représente 25% du budget total du spectacle.» Pour permettre à La Ruelle de continuer à bien fonctionner, Hélène Bolanz est en train de monter une association appelée Les Battements de la Ruelle. «Elle devrait voir le jour en septembre et nous permettra, entre autres, d’avoir une assise plus pérenne et de pouvoir accueillir des professionnels.»


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