16.08.2017, 00:01  

Nouvelles armes contre le cancer

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Justine Bouchaud, infirmière à la Clinique de Genolier, prépare un traitement de chimiothérapie. La protection maximale est capitale pour ne pas subir les émanations diffuses des produits lors des manipulations.

 16.08.2017, 00:01   Nouvelles armes contre le cancer

GENOLIER - Le service de radiothérapie de la clinique ne cesse d’investir dans des technologies ultraperformantes.

anne devaux

anne.devaux@lacote.ch

La Clinique de Genolier est devenue, au fil des années, un pôle incontournable dans le traitement du cancer. Elle héberge le Centre du cancer de Genolier (GCC) et le Centre du sein GSMN, tous les deux accrédités sur le plan fédéral. Qualifiée de «vaisseau amiral» des pôles oncologiques par le Dr Jacques Bernier qui y exerce, la clinique...

anne devaux

anne.devaux@lacote.ch

La Clinique de Genolier est devenue, au fil des années, un pôle incontournable dans le traitement du cancer. Elle héberge le Centre du cancer de Genolier (GCC) et le Centre du sein GSMN, tous les deux accrédités sur le plan fédéral. Qualifiée de «vaisseau amiral» des pôles oncologiques par le Dr Jacques Bernier qui y exerce, la clinique est au cœur d’un réseau suisse et international dont la force est déterminante pour le développement de son activité et de la qualité des thérapies qu’elle délivre.

Un patient sur deux atteint d’un cancer est traité par des rayons. La radiothérapie externe cible la tumeur pour détruire les cellules cancéreuses qui y prolifèrent. La cure ralentit la croissance de la tumeur voire, au mieux, la stoppe. Cependant, la radiothérapie, qui peut s’étendre sur plusieurs semaines à raison de plusieurs séances hebdomadaires, peut provoquer des effets secondaires non négligeables. Les rayons brûlent aussi les cellules saines autour de la tumeur ainsi que la peau qu’ils traversent. Genolier a opté pour des approches innovantes en vue également de réduire la durée des traitements.

Le Papillon 50

Le GCC est actuellement le seul établissement médical en Suisse à posséder l’équipement de radiothérapie de contact présenté sur son site internet: «Le Papillon 50 est un générateur de rayons X de faible énergie (50Kv) et de haut débit (15 Gy par minute).» Seulement onze Papillon 50 sont en service dans le monde.

Au service de radiothérapie, le Pr Jean-Claude Horiot dévoile une machine peu imposante, spécifiquement conçue pour traiter les petits cancers du rectum bas situés.

Le spécialiste s’étend sur l’intérêt de procéder à une radiothérapie de contact qui permet en quelques séances de traiter la tumeur, sans endommager les tissus autour. Pour les patients atteints de ce genre de cancer, l’augmentation des chances de préserver leur fonction sphinctérienne est inestimable en termes de qualité de vie.

Le Pr Horiot précise que tous les cancers du rectum ne peuvent être soignés grâce au Papillon 50. L’emplacement, la taille de la tumeur et le stade avancé du cancer entrent en jeu.

La précision de l’applicateur qui focalise le faisceau d’irradiation et la faible intensité du rayonnement ouvrent les portes au traitement de toute une série de petits cancers cutanés superficiels de la région cervico-faciale (nez, paupières, oreille externe, scalp). La radiothérapie peut suffire ou intervenir en supplément d’une chirurgie.

Révolution pour le sein

Selon le rapport sur le cancer en Suisse publié par l’Office fédéral de la statistique (OFS) en 2015, 12,7% des femmes risquent de développer un cancer du sein.

Le Dr Jacques Bernier, spécialiste en radio-oncologie et médecine nucléaire, président du Genolier cancer center (GCC), présente l’IORT (radiothérapie intraopératoire par électrons) comme une véritable révolution technologique dans le traitement du cancer du sein pour les patientes qui répondent aux conditions médicales très strictes de son application.

La radiothérapie dure une à deux minutes et se fait lors de l’intervention chirurgicale, avant la suture. Elle peut remplacer partiellement ou totalement la cure de radiothérapie qui intervient après l’opération et s’étend de 5 à 6 semaines à raison d’une séance quotidienne.

«Les conséquences financières et sociales sont très positives», ajoute le Dr Bernier. Il cite l’exemple de l’une de ses patientes, commerçante, qui a bénéficié de ce traitement et qui a repris son activité professionnelle peu de temps après. En évitant des semaines de radiothérapie, les malades recouvrent un état de santé plus rapidement ainsi qu’une vie normale.

La radiothérapie intraopératoire peut également intervenir au cours d’une chirurgie abdominale ou pelvienne.

L’empathie

L’une des priorités du Centre du sein est d’aller vite. Au moindre soupçon dans les résultats du dépistage mammaire – l’apparition d’un petit nodule ou d’une ombre sur l’image – une série de premiers contrôles est réalisée dans la foulée et sur place, si possible. Le personnel du centre est formé et attentif à ne pas laisser les patientes s’inquiéter seules dans un petit coin de couloir en attendant le résultat, explique le Dr Cathie Kress-Bösch, radiologue.

Le Dr Volker Kirchner, oncologue et directeur des programmes du GCC, insiste sur sa disponibilité et sur celle de ses confrères de Genolier pour leurs patients. En réalité, c’est toute la chaîne du personnel impliquée dans les soins des malades qui se montre empathique. Dans un milieu où les machines formidablement efficaces mais désincarnées prennent beaucoup de place, la parole, le sourire et le temps accordé à chacun sont irremplaçables.

Au service des soins ambulatoires en chimiothérapie, les patients sont les bienvenus à toute heure du jour et de la nuit en cas de souffrances ou d’inquiétudes insupportables. La notion d’urgence est adaptée à la gravité des pathologies. Les malades seront toujours pris en charge.

«J’ai promis de me battre jusqu’au bout»

En quelques mois, la vie de Martina Milone a basculé. A 51 ans, cette femme active gère avec son mari cinq stations-services, dont deux dans la commune de Mies où ils résident. Maman de deux filles et jeune grand-mère, elle se bat pour survivre.

Le déclin Tout a commencé par une très grosse fatigue qu’elle n’avait jamais connue auparavant. Un zona au nez soigné par antibiotiques la met K.O. Puis, en janvier, une douleur au bras et une toux persistante l’amènent chez son médecin généraliste. Rien de particulier, a priori une grippe mal soignée. Elle n’arrive déjà plus à s’alimenter correctement. En avril, elle prend des vacances et à son retour, elle passe directement de la descente de l’avion à l’hôpital. Un scanner découvre un épanchement au cœur, un deuxième scanner est effectué et on lui découvre une tumeur avec des ganglions médiastinaux (contenu de la cage thoracique sans les poumons). Le diagnostic final tombe: cancer du poumon droit très spécial qui ne touche que 8 à 10% de la population.

Après une phase de déprime due à la fatigue extrême et l’absence d’explications valables, le fait de comprendre pourquoi et de quoi elle souffre lui remonte le moral.

La catastrophe Prise en charge dans le service d’oncologie d’un hôpital, tout se passe mal. Malheureusement, le courant ne passe pas avec la spécialiste qui la soigne. Et comme un cercle vicieux qui s’emballe, elle réagit très mal à la chimiothérapie, multipliant les effets secondaires dont la chute de son système immunitaire, le tout accompagné de grandes souffrances.

Sa hantise de perdre ses cheveux n’est même pas un sujet pour la doctoresse alors qu’il signifie énormément pour elle. Ses filles finissent par craquer et l’une des deux téléphone à la Clinique de Genolier pour avoir ne serait-ce qu’un autre avis médical.

La bataille Martina devient la patiente du Dr Kirchner. Immédiatement, un protocole est mis en place pour remonter son système immunitaire et soigner les dégâts causés par la première chimiothérapie. Ensuite, le Dr Kirchner cherche la raison du problème et le trouve. Elle fait une allergie à l’un des composants de la cure qui est donc remplacé.

Après la seconde chimio, Martina reçoit un message du Dr Kirchner qui prend de ses nouvelles. Il l’appelle régulièrement, répond aux questions de toute la famille: «Je me sens portée, j’ai presque l’impression d’abuser.»

Selon les pronostics, Martina a 50% de chances de guérir. Elle est formelle: «Le médecin fait toute la différence, pas l’établissement. La part d’humanité donne l’espoir pour se battre». Elle est actuellement en cure de radiothérapie à Genolier.

Remboursement des soins

La Clinique de Genolier souffre un peu d’être considérée comme un établissement de luxe réservé aux patients riches bien qu’elle soit conventionnée. Elle s’efforce de communiquer largement pour lutter contre ce préjugé. Si 15% de sa clientèle est internationale, 85% de la patientèle est locale. Le coût des soins qui y sont prodigués dès lors qu’ils sont ambulatoires est remboursé par l’assurance de base LAMal. Les patients ont accès à toutes les consultations spécialisées. L’environnement médico-technique de l’établissement favorise l’augmentation du nombre d’interventions chirurgicales ambulatoires. Tous les traitements en oncologie, hormis les opérations lourdes, sont également dispensés sur un jour. L’hospitalisation d’une journée entre dans la prise en charge de l’assurance de base. La clinique reçoit 50% de personnes en soins stationnaires et 50% en soins ambulatoires.


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