28.08.2017, 00:01  

Marc Levy, une star en visite sur les quais

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L’écrivain sera présent de vendredi à dimanche à Morges.

 28.08.2017, 00:01   Marc Levy, une star en visite sur les quais

MORGES - Le livre sur les quais débute vendredi. Avec le plus populaire des écrivains français pour président d’honneur.

propos recueillis par Antoine Guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Marc Levy, il y a un peu moins d’une semaine vous étiez l’invité d’un salon littéraire à Shangai. Cette fin de semaine, rebelote à Morges pour Le livre sur les quais. Vous n’arrêtez pas en ce moment…

Effectivement! En matière de décalage horaire, ça n’est pas l’idéal (ndlr: il vit actuellement à New York). Que...

propos recueillis par Antoine Guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Marc Levy, il y a un peu moins d’une semaine vous étiez l’invité d’un salon littéraire à Shangai. Cette fin de semaine, rebelote à Morges pour Le livre sur les quais. Vous n’arrêtez pas en ce moment…

Effectivement! En matière de décalage horaire, ça n’est pas l’idéal (ndlr: il vit actuellement à New York). Que voulez-vous, il faut parfois donner de soi (rires). Reste qu’il y a tout de même des choses plus difficiles à vivre que cela…

La promotion, les rencontres avec le public, vous vous y prêtez volontiers ou vous préféreriez que vos livres se suffisent à eux-mêmes?

Il faut distinguer la pure promo, en radio ou en télé, des rencontres comme celles proposées par Le livre sur les quais. Ce genre de salons littéraires, je ne l’ai jamais considéré comme un exercice promotionnel. Tout comme les rencontres en librairie, d’ailleurs. Ce sont avant tout des moments d’échanges avec les lecteurs. Ce qui est précieux lorsque l’on fait un métier solitaire comme celui d’écrivain. Ce sont aussi des occasions de rencontrer d’autres auteurs. Donc oui, je m’y prête volontiers. Mais j’avoue que j’ai un peu le trac pour Le livre sur les quais: je dois participer à deux grandes discussions avec le public, où je serai sur une estrade. Ce genre d’exercice m’angoisse un peu…

Pourquoi?

C’est une question de nature, d’éducation. Je ne suis pas spécialement à l’aise lorsque je dois parler de moi-même. Je suis plutôt timide, c’est comme ça. Il m’est même arrivé d’être vraiment malade de trac avant d’entrer sur un plateau télé.

Le livre sur les quais rassemble des écrivains internationaux mais aussi suisse romands. En connaissez-vous certains et les avez-vous lus?

J’ai rencontré Joël Dicker, dont j’aime beaucoup le travail. C’est quelqu’un de très talentueux. J’aurais de la peine à vous en citer d’autres. Mais, comme je ne fais pas de distinction entre auteurs français, belges ou suisses – pour moi il s’agit simplement d’auteurs francophones – il est probable que j’aie lu d’autres écrivains suisses romands, sans en avoir eu conscience.

L’un des thèmes de cette édition est la traduction des œuvres littéraires et ses enjeux. Vous qui vivez depuis une dizaine d’années à New York, supervisez-vous désormais de près la réécriture anglaise de vos ouvrages?

Avec le succès immédiat de mon premier roman – traduit en 49 langues – je me suis très vite retrouvé confronté à cette question. Au moment de sa traduction anglaise, je me souviens m’être retrouvé à mon bureau, avec l’original en français d’un côté, la version traduite de l’autre. Je vérifiais chaque mot, pour être sûr que tout était juste. Et puis, un jour, le facteur a sonné à ma porte. Pour m’apporter la version chinoise de mon livre… C’est là que j’ai compris qu’il fallait que je lâche prise, que je devais faire confiance aux traducteurs. C’est un métier en soi, et d’ailleurs pas assez valorisé, selon moi.

Avez-vous déjà pensé à produire une œuvre littéraire en anglais?

Non. Quel en serait le sens? C’est comme si un pianiste décidait soudain de se mettre à jouer de la guitare. La langue anglaise n’est pas mon instrument.

Le fait d’être immergé quotidiennement dans ce contexte anglophone a-t-il tout de même eu un impact sur votre écriture?

Absolument. Tout écrivain qui décide de partir vivre à l’étranger voit forcément son écriture impactée. Et bien sûr pas uniquement à cause des interactions linguistiques. On se retrouve soudain en contact permanent avec la différence, avec ce qui vous est inconnu. Cela finit par étoffer votre galerie de personnages. Cela peut aussi avoir un impact sur votre style, certaines tournures de phrases. Le piège, en revanche, c’est de tomber dans les clichés en écrivant sur votre nouvel environnement. Je pense qu’il faut plusieurs années avant de vraiment le comprendre et d’en saisir les subtilités. Un exemple: il y a quelques années, dans l’un de mes romans, j’avais consacré vingt pages à la description d’une ville japonaise. Je n’y avais séjourné que brièvement. Par la suite, des autochtones m’ont fait remarquer que j’étais pas mal à côté…

Aujourd’hui, vous êtes l’écrivain français qui vend le plus de livres au monde. Vous êtes invité dans les plus prestigieux salons littéraires. Finalement, qu’est-ce qui vous reste à prouver?

Tout ce que vous venez de décrire disparaît au moment de commencer à écrire un nouveau livre. A chaque fois, j’ai à nouveau peur, à nouveau l’impression de me mettre en danger. Un peu comme l’alpiniste qui sait, lors de chaque nouvelle ascension, qu’il prend le risque de chuter. J’ai toujours le même trac immense au moment de sortir un nouveau livre. Avec le temps, c’est même de pire en pire. Parce que je suis de plus en plus lucide sur ce que je fais, sur mes limites. Reste que la naïveté et l’excitation avec lesquelles je m’y remets à chaque fois sont intactes. Et c’est probablement ce qu’il y a de plus beau dans ce métier.

Bio express

Marc Levy est né dans les Hauts-de-Seine en 1961. Après avoir étudié l’informatique, il quitte à 22 ans la France pour les Etats-Unis, où il fonde une société d‘images de synthèse. A l’aube de la trentaine, retour à Paris pour y créer un bureau d’architecture. En parallèle, il se met à l’écriture. Son premier livre, «Et si c‘était vrai...» (2000) connaît instantanément le succès. L’écrivain a depuis publié 17 romans traduits dans 49 langues et vendus à plus de 40 millions d’exemplaire. Ce qui en fait l’auteur français le plus lu au monde.

INFO +

PROGRAMME DE L’AUTEUR

Vendredi 1er

17h30-18h Dédicaces

Samedi 2

11h-12h Rencontre Improbable

12h-13h Dédicaces

14h30-17h30 Dédicaces

Dimanche 3

10-12h Dédicaces

13h30-15h Dédicaces

15h40-16h55 Merci Monsieur le Président

17-18h Dédicaces


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