07.09.2017, 00:01  

Air France - KLM passera-t-il sous pavillon chinois?

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L’entrée du géant chinois de l’aérien, China Eastern dans le capital d’Air France - KLM, a été approuvée à 95,04% par les actionnaires de la compagnie.

 07.09.2017, 00:01   Air France - KLM passera-t-il sous pavillon chinois?

Par Valérie Collet

AVIATION - Ce lundi, les actionnaires ont voté à une très large majorité l’entrée au capital du groupe de China Eastern... et de l’américaine Delta Air Lines.

Air France - KLM est-il sur le point de passer sous pavillon chinois comme certains l’imaginent? Ce lundi, une assemblée générale extraordinaire a donné son feu vert à l’arrivée de deux nouveaux actionnaires au capital du groupe. L’entrée du géant chinois de l’aérien, China Eastern, a été approuvée à 95,04% par les actionnaires, et celle de l’américaine Delta...

Air France - KLM est-il sur le point de passer sous pavillon chinois comme certains l’imaginent? Ce lundi, une assemblée générale extraordinaire a donné son feu vert à l’arrivée de deux nouveaux actionnaires au capital du groupe. L’entrée du géant chinois de l’aérien, China Eastern, a été approuvée à 95,04% par les actionnaires, et celle de l’américaine Delta Air Lines à 94,64 pour cent.

Chacun détiendra 10% du groupe via une augmentation de capital réservée avec un prix de l’action à dix euros. L’une et l’autre seront représentées par un administrateur: Bing Tang pour China Eastern et George Mattson pour Delta. Conséquence de l’augmentation de capital, la part de l’Etat français passera à 14%, au lieu de 17,6% précédemment.

Perte d’indépendance?

Pour certains actionnaires et salariés du groupe, l’arrivée des deux compagnies étrangères au capital du groupe franco-néerlandais est vécue comme une menace. Le syndicat CFDT, pourtant sensible à la «dynamique de conquête», évoque une «perte d’autonomie dans la gouvernance».

Dans un «point de vue» publié sur latribune.fr, deux pilotes d’Air France – Bernard Pedamon, ancien administrateur d’Air France et d’Air France - KLM, et Philippe Raffin, ancien vice-président du SNPL d’Air France – enfoncent le clou: «Cette augmentation de capital réservée engendre, à terme, le risque d’une perte d’indépendance du groupe AFKL, avec l’approbation surprenante de l’Etat français. Pour l’Europe, ce n’est assurément pas une bonne nouvelle puisque, après le groupe IAG (réd: dont 20% du capital est déjà détenu par Qatar Airways), le groupe Air France - KLM pourrait lui-même tomber un jour sous le contrôle du groupe américain ou du groupe chinois.»

A parts égales pour préserver l’équilibre

Même réticence exprimée lundi, lors de l’assemblée générale: un actionnaire a estimé qu’en menant une telle opération – avec un prix de l’action à dix euros – les dirigeants «bradaient le patrimoine national».

L’identité européenne d’Air France - KLM est-elle donc en danger? C’est loin d’être le cas. D’abord, aucune compagnie non européenne ne peut détenir la majorité du capital d’une compagnie originaire du Vieux Continent. Mais sans aller jusque-là, Delta et China Eastern ne pourront à terme pas dépasser les 13% du capital du groupe, selon les termes de l’augmentation de capital.

Enfin, Jean-Marc Janaillac, le président du groupe, a veillé à préserver un équilibre «stratégique», avec l’arrivée, à parts égales, de deux actionnaires qui défendent chacun leurs intérêts commerciaux: Delta mise sur le trafic transatlantique – y compris avec Virgin Atlantic, dont Air France - KLM prend 31% – et de son côté, China Eastern compte développer les routes entre la Chine et l’Europe. La mise sous tutelle «étrangère» du groupe franco-néerlandais n’est donc pas pour demain. Le Figaro


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