08.09.2017, 00:01  

La dernière Schubertiade pour Carine Deladoey

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La dernière Schubertiade pour Carine Deladoey

 08.09.2017, 00:01   La dernière Schubertiade pour Carine Deladoey

BREMBLENS - Femme-orchestre durant seize ans de la manifestation créée par André Charlet, Carine Deladoey fera ses adieux dimanche à Yverdon.

martine rochat

martine.rochat@lacote.ch

«J’ai vécu seize ans au rythme de la Schubertiade: seize ans de stress, parfois, et surtout de bonheur. J’aimerais permettre aujourd’hui à quelqu’un d’autre de vivre cette chance.» Raison pour laquelle Carine Deladoey, Cornu par alliance, habitante de Bremblens, passe le témoin de ce rendez-vous biennal de la musique classique, dont elle assurait l’organisation générale.

Les horaires des jodleurs...

martine rochat

martine.rochat@lacote.ch

«J’ai vécu seize ans au rythme de la Schubertiade: seize ans de stress, parfois, et surtout de bonheur. J’aimerais permettre aujourd’hui à quelqu’un d’autre de vivre cette chance.» Raison pour laquelle Carine Deladoey, Cornu par alliance, habitante de Bremblens, passe le témoin de ce rendez-vous biennal de la musique classique, dont elle assurait l’organisation générale.

Les horaires des jodleurs tributaires de la traite

Ses adieux, à l’issue de huit éditions, coïncident avec le 20e millésime d’une manifestation artistique à vocation d’excellence et de popularité. En collaboration avec RTS-Espace 2 et les villes qui accueillent chaque deux ans la manifestation, Carine Deladoey, au bénéfice d’une formation dans le domaine de la communication et de la pub, est la bonne fée de l’intendance. C’est elle qui recherche des lieux de concerts parfois insolites, tel le siège de la voirie d’Yverdon, où exceptionnellement les camions poubelles feront place aux sièges du public et à un piano à queue. Seize instruments de ce type seront acheminés, les jours à venir, vers le Nord vaudois.

Avec les partenaires, il s’agit d’assurer le fonctionnement d’un mécanisme d’horlogerie compliqué: 152 concerts, classiques à 90% mais non exclusivement, pour 100 ensembles, sur les 300 passés au crible préalable de la commission musicale, et 1500 instrumentistes et choristes. L’heure de passage assignée à un groupe de jodleurs, tous agriculteurs, a dû, en particulier, tenir compte des impératifs de la traite du bétail. La mission peut s’avérer, de plus, un vrai défi pour celle qui, sauf quelques cours de flûte traversière enfant, n’est pas musicienne. «Une fois, sur la base d’une demande d’un groupe en allemand, j’ai commandé des cymbales au lieu de timbales. J’ai dû faire, en dernière minute, tous les magasins spécialisés pour rectifier mon erreur et je n’ai pas dormi de la nuit. Heureusement, quelqu’un de la Chaux-de-Fonds m’a dépanné le dimanche. Le pire était que c’était pour la «Messe allemande», l’œuvre de Schubert exécutée à chaque Schubertiade. Un moment emblématique qui voit des milliers de Romands chanter en allemand!»

Le tempérament affirmé et attachant d’André Charlet

Passionnée, volubile sur cette époque de sa vie qui s’achève, notre interlocutrice ne peut s’empêcher d’évoquer, bien sûr, la personnalité incontournable de l’initiateur de la Schubertiade, côtoyé au cours de sept éditions. A savoir le chef de chœur André Charlet, né en 1927 à Morges – ville qui lui décerna sa bourgeoisie d’honneur en 1997 – et décédé en 2014 à l’âge de 87 ans. «Nous n’étions pas d’accord sur tout, mais nous arrivions toujours à trouver un compromis, explique-t-elle. J’ai du caractère. Lui aussi en avait. C’était un sacré bonhomme, à la fois un tempérament affirmé et quelqu’un d’attachant. Il nous rappelait régulièrement ce qu’il voulait: pas de chichis, de la simplicité et de la joie, pour les artistes et pour les spectateurs. Il me manque encore. Parfois, j’aimerais bien parler avec lui, lui demander son avis.» Du coup, la voilà ravie de voir la Chorale du Brassus, qui fut dirigée plus d’un demi-siècle par André Charlet, animer l’office œcuménique du dimanche.

Si elle avoue un brin de nostalgie, elle se réjouit déjà de la suite... Trouver du temps pour elle. «Une Schubertiade me prend deux ans à 50% au moins», souligne celle qui a emménagé dans sa maison fin 1999, «le jour de Lothar», du côté du village opposé à sa demeure d’enfance. Du temps pour lire, tout et n’importe quoi, écouter de la musique à la radio et tenir le secrétariat du FC Echichens. «Après avoir reçu l’appui de bénévoles en tant qu’ex-skieuse de compétition au niveau romand, je veux rendre la pareille aux jeunes. Je pourrai, enfin, partager davantage de moments avec mon mari.»

INFO +

Sa 9 et di 10 à Yverdon-les-Bains. «Messe allemande»: di dès 12 h, rue de la Plaine, répétition générale dès 10 h 30. Programme sur www.schubertiade.ch


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